Place Royale
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ou acheter des pièces uniques à l’ère du numérique
À la mi-septembre, mon collègue et ami Patrick Desmarais et moi avons eu la chance d’assister au Web 2.0 Expo New York organisé par la maison d’édition O’Reilly Media en collaboration avec TechWeb. Ce fut pour nous une immersion fort stimulante dans l’univers des réseaux sociaux, du marketing viral et du cloud computing. Parmi les nombreuses découvertes que j’ai pu y faire, l’une des plus étonnantes (et rafraîchissantes) est le fruit de la rencontre entre l’artisanat et le Web.
Lors des keynotes du mercredi, on a eu droit à un portrait fort intéressant de l’évolution de l’industrie du Web à New York depuis le milieu des années 90 par Fred Wilson, de Union Square Ventures. Vers la fin de sa présentation, il a rapidement fait allusion à une entreprise qu’il avait contribué à financer, Etsy sans spécifier clairement la nature de l’offre de celle-ci. Curieux, j’ai pris le nom en note pour référence future, en sachant bien que, comme d’habitude, je n’aurais probablement pas le temps d’investiguer plus avant.
Deux jours plus tard, j’ai assisté à une des plus intéressantes présentations de la semaine. Content Matters rassemblait un panel d’experts venus échanger sur l’importance primordiale des contenus (de toutes natures) pour assurer un succès des initiatives en ligne. Sur la scène, « un méchant line-up de grosses pointures » : Liz Danzico (Bobulate.com, Boxes and Arrows et AIGA), Jeffrey Zeldman (A List Apart et The Web Standard Project), Alex Wright (journaliste et architecte de l’information du New York Times), Kristina Halvorson (content strategist, fondatrice de Brain Traffic), Paul Ford (Harper’s Magazine et FTrain.com) et, tiens donc, Bre Pettis (Make Magazine’s Weekend Project Podcast et, surtout, re-Etsy).
Ce dernier a vraiment piqué ma curiosité en présentant ce site aussi astucieux que nécessaire. Esty permet à chacun d’entre nous d’acheter des objets faits à la main directement de l’artisan; ce n’est, ni plus, ni moins, un Salon des métiers d’art virtuel.
Ainsi, les créateurs peuvent distribuer leurs produits (souvent des pièces uniques) avec un minimum d’effort en terme de commercialisation. L’entreprise demande une contribution de 20 cents par item affiché, plus 3,5 % de chaque vente (15 à 20 $) en moyenne. Les résultats sont vraiment impressionnants; on parle de ventes totales de près de 26 millions US $ en 2007 et d’un vendeur vedette qui a atteint des revenus de 125 000 $ pour la même période. Actuellement, il y a environ 170 000 vendeurs à travers le monde dont plus d’une centaine au Québec.
Le défi de l’équipe d’Etsy pour l’année courante est de faire la démonstration qu’on peut gagner sa vie en fabriquant des objets qu’on adore faire. Il est intéressant de noter que la plupart des vendeurs sont des vendeuses. En effet, la grande majorité des produits proposés sont créés par de femmes.
L’engouement est tel pour ce nouveau service que toute une communauté s’est spontanément créée autour d’Etsy. Outre les vidéos de démonstration produits par leur équipe et placés sur Viméo, on a vu apparaître, entre autres, des sites comme EtsyWiki, Etsy Love, Unofficial Etsy News et We Love Etsy. Plusieurs d’entre eux sont indépendants.
Un site à découvrir. Plusieurs d'entre nous l'ont déjà expérimenté avec des artisans des États-Unis et d'Europe et c'est un vrai charme.
L’art conceptuel prend les murs d’assaut pour dénoncer nos travers sociaux
Cynique, irrévérencieux, corrosif et, surtout, intelligent sont les adjectifs qui définissent probablement le mieux Banksy. Jusqu’à la semaine dernière, j’ignorais tout de cet artiste britannique (bien connu dans les milieux du Street Art) qui ne cesse d’innover et d’étonner depuis qu’il utilise le stencil comme principal technique. Je dois cette savoureuse découverte à mon voisin d’en haut, Philippe Roy, qui m’a fait voir son livre Wall and Piece édité à la fin de 2005.
L’humour déstabilisant et la réflexion sont omniprésents dans chacun des thèmes qu’il aborde : état policier, consommation, enfance, problèmes de société…
Aussi actif dans les galeries et dans l’art d’intervention, il a eu l’audace d’accrocher ses propres œuvres clandestinement dans plusieurs musées prestigieux. Parmi ceux-ci, le British Museum à Londres a décidé d’intégrer à sa collection permanente l’œuvre laissée par Banksy (Early Man Goes To Market) dans la galerie de l’art romain.
L’artiste renommé aurait réussi à conserver l’anonymat (se servant de son agent comme intermédiaire) jusqu’à il y a un mois lorsque le journal Mail on Sunday a dévoilé ce qui serait sa véritable identité.
Je vous laisse juger de l’intérêt du personnage grâce à deux citations. Celle qu’on trouve au dos de l’ouvrage cité plus haut : « There's no way you're going to get a quote from us to use on your book cover. » - Metropolitan Police Spokesperson
Et celle-ci, de lui-même, qui interpelle autant notre secteur d’activité que celui des arts visuels : « The thing I hate the most about advertising is that it attracts all the bright, creative and ambitious young people, leaving us mainly with the slow and self-obsessed to become our artists. Modern art is a disaster area. Never in the field of human history has so much been used by so many to say so little. »
La rencontre improbable du jazz manouche et des hits des années 80.
C’est à la fin d’une magnifique journée de ski à Stoneham en février dernier que j’ai eu le bonheur d’entendre The Lost Fingers Trio pour la première fois. Vraiment, un pur plaisir.
D’abord, on tape du pied. On trouve la musique d’ambiance « pas mal sur la coche ». Puis, on se surprend à fredonner les paroles d’une chanson jazz manouche alors que, de mémoire, on n'en connaît aucune. On écoute plus attentivement. Le refrain embarque… « Ben non! Ça ne se peut pas! C’est Tainted Love de Soft Cell ça. Ayoye! C’est ben bon! Sont donc ben fous! » Et ça part comme ça pour une enfilade de succès plus que populaires qui ont hanté nos ondes radiophoniques et nos lieux de perdition tout au long des années 80.
Tout y passe : Beat It de Michael Jackson, You Shook Me All Night Long de AC/DC, Touch Me de Samantha Fox, Fresh de Kool & The Gang, Part Time Lover de Stevie Wonder, en plus des pièces de George Michael, Soft Cell, de Paula Abdul et de Bon Jovi. On s’amuse. On chante. On rit beaucoup et, surtout, on en redemande.
Car ce qui pourrait s’avérer anecdotique est fait avec le plus grand professionnalisme. Byron « Maiden » Mikaloff, Alex Morissette et Christian Roberge s’en donnent à cœur joie sans aucun compromis artistique; les arrangements comme la livraison sont impeccables et le contre-emploi des pièces choisies tient du jouissif. En fait, l’intelligence et le brio du trio (ça sonne drôle hein?) basé à Québec leur valent une notoriété déjà enviable qui, espérons-le, leur permettra de percer de façon significative dans un proche avenir.
Au moment de mettre ces lignes en ligne (ça devient une habitude), j’ai le plaisir d’être l’heureux propriétaire d’une copie du premier album que le groupe a lancé il y a une couple de semaines. Toutes les pièces dont je fais mention plus haut y sont, ce qui m’a permis de tester la chose sur de nombreux amis et, croyez-moi, le plaisir est contagieux; ils se sont presque tous promis de l’acheter!
Un regard particulier sur des réalités qui sont loin d’être évidentes.
Je suis abonné au Documentary Channel depuis quelques années déjà. Fruit de la collaboration entre l’Office national du film du Canada et le réseau anglais de Radio-Canada (CBC), ce canal spécialisé propose certains des meilleurs films et émissions documentaires produits dans le monde. J’y ai vu bon nombre de sujets graves traités par des réalisateurs qui rivalisaient de brio, mais rares sont ceux qui m’ont à la fois captivé et perturbé comme les deux que je présente ici.
The Iceman and the Psychiatrist (2002) d’Arthur Ginsberg est un entretien d’un peu moins d’une heure entre le docteur Park Dietz, psychiatre réputé mondialement et consultant auprès du FBI, et Richard Kuklinski, un des plus célèbres tueurs à gages du crime organisé américain à qui l’on attribue plus de 200 meurtres.
L’interview, menée par un expert de la psyché humaine, permet de lever le voile sur la personnalité sadique d’un homme sans remords et, surtout, sur ce qui a pu contribuer au développement d’une pathologie aussi déviante. Le pire, c’est que, lorsqu’on parvient à oublier de quelles monstruosités il est capable, le bonhomme a presque l’air d’un bon gars. Ça donne froid dans le dos. Rassurez-vous, The Iceman est décédé en 2006 (de causes apparemment naturelles) juste avant sa comparution comme témoin à charge au procès d’un des ex-dirigeants de la famille Gambino.
Le long métrage The Bridge (2006) d’Eric Steel (plus connu comme producteur de Shaft, Angela’s Ashes et Bringing Out the Dead), porte un regard sensible et perturbant sur le suicide de personnes qui ont en commun le lieu où ils ont mis fin à leurs jours; le Golden Gate de San Francisco.
Inspiré par un article du magazine New Yorker (Jumpers – The fatal grandeur of the Golden Gate Bridge de Tad Friend), le réalisateur, prétextant un film sur la beauté architecturale du pont, a obtenu la permission du Golden Gate Bridge Authority de braquer de nombreuses caméras sur ce dernier durant toute une année. Ainsi, chaque minute de clarté a été filmée ce qui a permis à Steel et son équipe de « capturer » le geste fatal de plus de vingt désespérés.
Par la suite, la plupart des familles ont été rencontrées et bon nombre d’entre-elles ont témoigné du contexte ayant entouré la mort de leur proche. Franchement, le respect avec lequel la démarche a été menée et la générosité de l’entourage des défunts m’ont grandement troublé. À mon avis, il s’agit d’un document important qui permet de comprendre (en partie du moins) la douleur de ceux qui partent comme celle de ceux qui restent.
Il va sans dire que ces deux films demandent d’avoir le cœur bien accroché, mais l’expérience mérite l’effort en ce qu’elle permet d’explorer certains des plus sombres recoins de l’esprit humain.
Ces films sont parfois diffusés sur Documentary Channel et sont en vente en ligne.
The Iceman Interviews ISBN : 0-7831-2660-3
The Bridge ISBN : 1-4172-0138-X
De quoi faire rêver ceux qui carburent à la prospective.
Depuis 1999, une campagne mondiale est en cours pour identifier les sept nouvelles merveilles du monde. Le projet New7Wonders est supporté par une organisation à but lucratif nommée New Open World Corporation et a été initié par le controversé aventurier suisse Bernard Weber (rien à voir avec l’écrivain ou le cinéaste).
Qu’arrive-t-il lorsque des membres très talentueux d’un mouvement aussi irrésistible que Kino utilisent la force (jeu de mots) du Web social pour atteindre leur public? Et bien, on assiste à la naissance d’une série comme Chad Vader – Day Shift Manager qui est devenu un véritable phénomène viral avec une popularité aussi démesurée que spontanée. Des avantages marqués à la sauce éditoriale humoristique
Les adeptes d’Apple – dont je suis depuis l’introduction du Mac sur le marché en 1984 – sont souvent la cible de railleries des utilisateurs de PC. «Pas de logiciels disponibles. Y a juste les artisssses qui trouvent ça bon. C’est une bébelle plus qu’un ordi. Si c’était si fort, ils en vendraient bien plus.»
Déjà, remarquez la nuance de vocabulaire : adeptes vs utilisateurs. Tout réside dans cette simple mais combien significative distinction. Une marque culte face à des commodités. Voilà ce dont il est question. Est-ce qu’on vend plus de Porsche que de GM? Quand vient le temps d’affirmer votre bon goût, êtes-vous plus enclin à porter un chandail George (marque pseudo fashion de Wal-Mart) ou un DKNY?
Mais, les subtilités de l’image de marque ayant ses limites sur les esprits trop cartésiens, Apple a décidé de prendre le taureau par les cornes et de lancer une campagne qui tout en s’appuyant sur des faits renforce le caractère décontracté du Mac. La nouvelle série de six messages télé présente donc les principaux avantages concurrentiels du Mac en mettant en scène deux personnages nommé Mac & PC dans des situations toutes simples, compréhensibles par tous. Le résultat est aussi suave que punché; le stéréotype se retournant contre ceux qui nous montraient du doigt.
Selon moi, on devrait intituler ce petit chef-d’œuvre «Cool vs drabe». Le casting et la performance des acteurs John Hodgman (en PC ringard, prévisible et insipide) et Justin Long (en Mac jeune, créatif et cultivé) sont à ce point justes que c’est à hurler de rire.
À vous de juger et pour ceux qui pourraient se sentir attaqué par ce qui peut sembler être une prise de position de ma part : sans rancune (ce ne sont que des machines après tout)!
Un design simple et abordable qui a pavé la voie à toute une gamme de produits
C’est lors d’une visite à la boutique
Vinum Design de la rue City Councillors à Montréal, juste avant la période des Fêtes de 2004, que je suis tombé sur le tout premier produit de la firme new-yorkaise Built NY. L’objet est un sac en néoprène au look très contemporain (disponible en de nombreuses couleurs vives) conçu pour transporter deux bouteilles de vin de 750 ml en les protégeant des chocs et des écarts de température. Cette année-là, nombreux furent mes proches et amis qui héritèrent de la chose.
Fondée en 2003, Built NY a développé, depuis le lancement du Two-Bottle Tote, une gamme complète de produits complémentaires et dérivés : sac pour une seule bouteille de vin, pour le fameux six pack de bière, pour le lunch, ligne complète d’accessoires pour bébé (bavoir, sac à biberon, etc.) et, plus récemment, sac pour bouteille de randonnée de type Nalgene.
Récemment, les associés de la firme ont réussi un tour de force à parvenant à convaincre le U.S. Patent & Trademark Office d’accorder à leur produit phare un statut similaire à celui de la bouteille de Coke originale et du flacon de la vodka Absolut. Désormais, la forme même du sac étendard de Built NY est protégée puisqu’elle constitue une marque de commerce déposée. C’est d’ailleurs ce qui a permis de stopper la production de deux produits de contrefaçon distribués par une entreprise du New Jersey et une importante chaîne danoise.
Depuis son lancment, le Two-Bottle Tote a remporté plusieurs prix (dont un Gold IDEA en 2004 dans la catégorie produits de consommation), fait l’objet de plusieurs articles dans la presse et est en vente (entre autres) aux boutiques du Museum of Modern Arts de New York (MoMA) et du musée du U.S. Patent & Trademark Office.
Le chiffre d’affaires de la compagnie est passé de 600 000 $ US, pour six mois d’opération en 2003, à une projection de 18 millions $ pour l’année en cours. En février dernier, Built NY employait 27 personnes à temps plein.
Le Two-Bottle Totese détaille environ 25 à 30 $ CDN.
Printemps 2006
Malgré l’engouement qu’elle provoque et ses nombreux avantages sur la technique traditionnelle, une des principales difficultés de la photographie numérique est d’obtenir des épreuves papier dignes de ce nom. Certes, ma blonde trouve fort agréable de ne plus avoir à se retenir pour prendre des photos, mais elle déteste le fait que ces dernières résident dans un ordinateur ou sur un CD plutôt que dans un album facile à consulter. Il faut admettre qu’il est, en effet, pas mal moins convivial d’obliger les gens à se rassembler autour d’un écran que de faire circuler les photos à tour de rôle.