Place Royale
1350, rue Royale, bureau 500
Trois-Rivières (Québec) G9A 4J4
Tél. : 819.376.7772
Téléc. : 819.376.8114
L’affiche ne comporte aucun mot, mais ouvre la discussion.
Prologue : la série Mad Men
Pour les fans de la série, nul besoin d’explication. Pour les non-initiés, vous avez du rattrapage à faire. Tellement à dire! Wikipédia en fait un bon article, il y a aussi le site officiel…En bref : Mad Men est une excellente série télévisée, de plusieurs façons. Le réalisateur est très minutieux dans la reconstitution quasi historique des décors, costumes et surtout modes de vie de l’époque. Qui plus est : le rythme de l’époque (lent, rempli de non-dits). La première saison demande même un effort de la part du spectateur pour s’habituer à ce langage si différent de ce que l’on connaît à la télévision aujourd’hui. Et, j’oubliais, l’excellent scénario porte sur le monde de la publicité des années 60.
L’affiche en question
La saison 5, très attendue, est annoncée pour le 25 mars, d’une façon délibérément crue (choquante pour les post-traumatisés du 9-11 qui y voit The Falling Man), mais excitante pour les initiés. Voici l’affiche placardée dans les rues des villes américaines. Il s’agit d’une image tirée du superbe générique d’ouverture (sur la musique de RJD2).

Mais la raison pourquoi je vous en parle aujourd’hui, c’est à cause du « dialogue » qui s’est instauré entre la marque Mad Men (le poster) et le public (graffiti).
Les affichages dans le métro de New York portent des touches amusantes.
D’autres ont fait leur graffiti virtuellement, mais pas mal non plus!



Et vous, quel serait votre griffe?
J’adore, parce que c’est une incarnation du concept abstrait qu’on entend en publicité aujourd’hui : avoir une conversation avec la marque. Pour y arriver, il faut avant tout permettre à l’interlocuteur de s’approprier la marque. Comme AMC l’a permis. Était-ce prévu par l'agence derrière le concept? Peu importe, ça marche.
Thanks to copyranter for the lead on this.
et autres découvertes à la Biennale d’art contemporain de Venise 2011

En novembre dernier, j’ai eu la chance de visiter Venise. Après l’Antiquité de Rome et la Renaissance de Florence, j’avais soif d’art contemporain. Venise porte de façon superbe le contraste de son histoire et de son goût marqué pour l’innovation artistique.
La Biennale d’art contemporain se tient à Venise depuis 1895. Qualifiée d’olympiques de l’art, la Biennale a regroupé cette année 89 pays qui ont exposé soit dans leur propre pavillon dans les jardins de la Biennale (un peu à la manière de l’Expo 67) ou dans l’Arsenale.
J’y suis allée en deux jours… c’est immense. Je ne peux tout vous raconter, mais je vous présente quelques coups de cœur.
Je n’aime habituellement pas trop les États-Uniens, mais Jennifer Allora et Guillermo Calzadilla m’ont séduit. Tout d’abord, le guichet automatique qui joue de l’orgue. C’était superbe de voir les gens oser introduire leur carte bancaire, entrer leur code et entendre l’orgue jouer selon les touches qu’ils appuient. Ils repartaient tous avec un
billet de 50 euros qui, à nos yeux, n’est pas comme les autres.
À l’extérieur du pavillon, il m’a été donné de voir l’utilisation la plus intelligente d’un char d’assaut. Renversé, il sert de tapis roulant pour s’entrainer. Brillant. Visitez le pavillon en vidéo.
Lee Yongbaek m’a impressionné avec sa bataille entre le moule et la sculpture, son interprétation de la Pietà et le camouflage floral. Encore, une petite vidéo pour visiter le pavillon.

J’ai eu le plaisir d’assister récemment à la conférence de Jack Neary, directeur de création chez TBWA Canada, lors d’une visite à la SOCOM de Québec. Ses propos sur l’importance de la créativité dans le marché aujourd’hui étaient fort intéressants, inspirés par Lee Clow, Jay Chiat et sa propre expérience. Je vous partage et commente donc quelques notions que j’ai retenues lors de l’exposé du sympathique Calgarien.
En publicité, il y a quatre catégories d’idées (lire à partir du bas) :
Remarquez l’espace entre les grandes idées et les idées emblématiques. Elles sont une classe à part, plus difficile à atteindre. On les reconnaît parce qu’elles marquent assez pour qu’il y ait le avant et le après cette idée. Le premier exemple d’idée en publicité va de soi : 1984.
La publicité 1984 n’a été diffusée qu’une seule fois, au Super Bowl en janvier 1984, pour annoncer le lancement du premier ordinateur Macintosh d’Apple. Citée dans tous les cours de pub et de marketing, elle utilise une œuvre de fiction comme jamais ce ne fut fait avant. Elle marque le début d’une ère, que nous vivons pleinement aujourd’hui. La « iEra », si je puis dire.
Toujours la même marque, près de 20 ans plus tard. La campagne des silhouettes d’iPod marque à son tour parce qu’elle incarne un principe anthologique : la publicité peut embellir l’espace public. L’affichage est superbe, sans oublier que chacune des publicités télé a propulsé la chanson utilisée au sommet des palmarès.
La publicité est un art. Quel est cet art?
À preuve, cet exemple, d’Adidas, pour l’équipe de rugby All Blacks de la Nouvelle-Zélande. À partir de l’idée que le « rugby coule dans nos veines », les joueurs ont donné du sang pour qu’il soit mêlé à l’encre utilisée pour imprimer l’affiche officielle de l’équipe. Les joueurs et les fans sont désormais frères de sang. L’étude de cas est frappante!
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En 25 ans, le nombre de messages publicitaires est passé de 650 à 6300, alors que le temps consacré aux médias reste sensiblement le même. Retenez simplement qu’il est très facile d’éviter votre message. Auparavant, on pouvait pousser un message à travers les médias de masse pour que le public le reçoive. Aujourd’hui, il faut être assez intéressant pour que le public vienne à nous. Les résultats sont encore plus époustouflants. Le Man your man could smell like d’Old Spice est un exemple, eh bien, emblématique. L’étude de cas vous en convaincra.
Mais on hésite toujours à prendre une idée artistique ou créative. Jack Neary énonce la théorie que l’art est ambigu. En tant qu’annonceur, on ne veut pas d’ambiguïté. Et, rassurez-vous, les créatifs non plus. Sa réponse : « Arrive unexpected. Leave understood ». CQFD.
Exposer la personnalité des lieux abandonnés
Né à Montréal en 1951, Robert Polidori vit et travaille à New York. L’exposition présentée au Musée d’art contemporain de Montréal présente un bilan de son œuvre en 59 photographies couleur grands formats, réalisées entre 1985 et 2007.
Les séries qui m’ont marqué :
AHHHHHH! PANIQUE! L’exposition se termine le 7 septembre. À ce moment précis où vous lisez cet article de l’Egzibition d’été, il ne reste que quelques heures à cette exposition ou, pire encore, elle est terminée.
Oui, je dis tant pis pour vous. C’est vraiment agréable de se laisser subjuguer par l’œuvre du maître en traînant les pieds et les yeux dans le musée. Mais puisque j’ai su piquer votre curiosité et que je ne suis pas complètement cruelle, voici quelques images disponibles en ligne.
Ou visitez l’exposition avec Polidori lui-même, dans une vidéo de 15 minutes.
Je n’ai pas réussi à mettre la main sur le catalogue de cette exposition rétrospective, mais semble-t-il qu’il existe, publié avec son éditeur allemand, Steidl.
Vincent Munier, photographe français qui n’a pas peur du froid. Je l’ai découvert dans l’exposition États sauvages cet été à Montréal. Sa série Blanc nature et ses ours bruns en action sont phénoménaux. Il ne fait pas de la photo animalière, il fait du portrait de bêtes magnifiques.
Benoît Paillé, un talent émergent d’ici (en fait, son talent est déjà « émergé », c’est la reconnaissance de celui-ci qui commence). Un vrai portraitiste. À voir : A Stranger Project. Même le plus laid est beau devant sa lentille.
La liste de Michel Vezina, à écouter et à lire.
Patrick Masbourian a le don de nous amuser et de nous intéresser. Je suis une fan de son émission Vous êtes ici, que j’écoute rarement en direct (lundi au jeudi, 20 à 22 h à la Première chaîne de Radio-Canada). Vive la baladodiffusion.
Pour la nouvelle année, le chroniqueur Michel Vezina nous propose neuf romans qui ont fait, il y a quelques années, un portrait du futur dans lequel nous vivons aujourd’hui. Il est très intéressant de voir comment ces récits, reconnus comme livres cultes, proposent parfois des « visions du monde » si justes et actuelles.
C’est à écouter (les chroniques radio) avant de lire!
Les neuf titres :
Je n’ai bien sûr pas tout lu. Mais j’ai mes classiques : Le meilleur des mondes, 1984, L’orange mécanique (sublimé en film par Kubrick). Je vous invite, tout comme moi, à découvrir le reste et à comparer notre monde à celui que les auteurs de science-fiction du passé ont deviné.
Et tant qu’à être sur le site de Vous êtes ici, allez voir les autres sections dont l’hilarante Vidons la don’ la question.
Adoptez un mot en voie d’extinction.
Vous le savez (ou vous vous en doutez parce que je suis conceptrice-rédactrice), je suis une amoureuse des mots. De la langue française avant tout, mais aussi de celle de Shakespeare. Un collègue m’a fait découvrir un bijou de site web pour les curieux comme moi.
Quels mots sont en danger? Les vieux mots, les mots savants, les mots compliqués. Ceux qui ont déjà eu beaucoup de sens et qu’on laisse mourir.
Sur le site développé par Oxford Fajar (la division de Malaisie et de Singapour des célèbres dictionnaires Oxford), on peut cliquer au hasard sur le site pour découvrir des mots qui quémandent notre attention.
Quand vous aurez le coup de foudre, vous pouvez adopter un mot. Vous vous engagez ainsi à utiliser ce mot le plus souvent possible dans vos conversations et votre correspondance.
SaveTheWords.org nous donne quelques trucs pour y arriver : donner ce nom à votre animal de compagnie ou comme surnom à votre amoureux, le jouer au Scrabble, en faire un graffiti ou un tatoo, le répandre par SMS et j’en passe.
Si vous souhaitez simplement enrichir votre vocabulaire, abonnez-vous au word-a-day.
J’ai adopté mon petit premier, hymnicide, que je pourrai utiliser à souhait pour critiquer de mauvais concerts ou répétitions de ma chorale.
Allez, sauvez un mot vous aussi!
Si simple et si réconfortant les soirs de grand froid!
Ingrédients
Fromage à la crème ramolli
250 g (1 paquet)
Chair de crabe hachée
125 g (1 boîte de conserve)
Fromage suisse râpé
1 1/2 t
Raifort ou ail
au goût
Oignons verts hachés
au goût
Et du bon pain frais...
1 baguette ciabatta fait des miracles.
Préparation
Donne 2 portions en repas, 4 en entrée.
Bon appétit!
À lire pour (mieux) penser autrement, développer une vision indépendante et créative.
Whatever you think, think the opposite est un joli petit livre que je me suis acheté dans une boutique de musée, la veille du long trajet de retour de mon escapade européenne cet automne. Le bouquin est d’une mise en page délicieuse, voilà qui sera facile à lire malgré le décalage, me dis-je. J’avais presque tort. Tout d’abord parce que le livre se dévore en moins d’une heure (ce qui n’est pas assez pour un vol transatlantique). Deusio parce que ce n’est pas la mise en page qui rend le tout agréable à lire, mais les idées fascinantes.
Quelques extraits, en traduction libre :
« Mieux vaut regretter ce que vous avez fait que ce que vous n’avez pas fait. »
« Demandez une claque dans’ face. Si vous demandez l’avis de quelqu’un sur votre travail en disant : « Qu’est-ce que t’en penses? », la réponse sera probablement « c’est bon », car cette personne ne voudra pas vous offenser.
La prochaine fois, demandez ce qui ne fonctionne pas. La réponse ne sera peut-être pas celle que vous voulez entendre, mais au moins, elle sera vraie. »
Et ma préférée, juste pour choquer un peu tous ceux avec qui je travaille :
« Les réunions sont pour ceux qui n’ont pas assez à faire. Une réunion est une performance, une mise en scène pour se convaincre de sa propre importance. Les vrais joueurs n’ont pas besoin de la comédie de la réunion. Ils se mettent tout simplement au travail. »
Le livre a été écrit par Paul Arden, un publicitaire de renommée mondiale (Saatchi & Saatchi) décédé en avril dernier, qui a écrit quelques autres best-sellers, comme God Explained in a Taxi Ride (ma prochaine lecture) et It’s not how good you are, it’s how good you want to be.
Un roman au « je » pluriel
Le troisième roman de Véronique Marcotte, jeune auteure talentueuse de notre chère ville de Trois-Rivières, réserve un parcours surprenant au lecteur. Le trésor réside dans le style rédactionnel : tous les personnages sont, tour à tour, narrateurs et parlent au « je ». Cette multiplicité de points de vue est rafraîchissante et permet à l’histoire de se construire d’elle-même, par ses personnages, comme si l’auteur n’existait pas. (N’est-ce pas la plus belle façon de faire place à son œuvre?)
L’histoire
Elle parle du vide, de l’étouffement, de la fuite. Et bien sûr de culpabilité (avec un titre pareil!).
Ce que nous dit le quart de couverture :
Quand Auguste quitte sa Belgique natale pour aller travailler dans un hôpital montréalais, il compte prendre pour de bon ses distances d'une mère qui l'aime mal, de cet amour étouffant qu'ont parfois les mères à qui la vie a pris beaucoup. Auguste n'arrive pas à laisser derrière ses propres déviances, toutefois, celle entre autres de violer des yeux l'intimité des gens. Parmi ceux qu'il observe à leur insu, il y aura Victoire, une jeune peintre qui gagne sa vie dans un resto. À ces trois personnages, qui deviendront tour à tour narrateurs d'une histoire plurielle et bouleversante, va s'ajouter Mathias, le père d'Auguste, qu'il croit mort depuis longtemps. Dans ces trajectoires blessées, qui se croisent en un ballet beau et douloureux, c'est toute la détresse humaine qui est mise au jour, toute la culpabilité qui reste au lendemain des gestes qu'on aurait voulu retenir.
Ça se dévore en quelques heures. Bon appétit!
Voici comment vous offrir environ trois douzaines de petits réconforts.
Ingrédients
> 750 ml (3 t) de farine tout usage
> 2.5 ml (1/2 c thé) de bicarbonate de soude
> 1 ml (1/4 c thé) de poudre à pâte
> 125 ml (1/2 t) de beurre non-salé ramolli, ou de margarine
> 125 ml (1/2 t) de cassonade foncée
> 10 ml (2 c thé) de gingembre (j’utilise du frais, râpé, et j’en mets un peu plus)
> 10 ml (2 c thé) de cannelle moulue (à l’œil, pas trop – trois bam)
> 2,5 ml (1/2 c thé) de clou de girofle moulu (à l’œil – un bam)
> 1 ml (1/4 c thé) de sel
> 1 gros œuf
> 125 ml (1/2 t) de mélasse (ou un peu plus, selon la texture)
Glaçage :
> 2 t de sucre à glacer
> 1 blanc d’œuf
> un peu d’eau pour améliorer la texture, au besoin
> colorant alimentaire, si ça vous le dit
1. Défaire le beurre en crème avec la cassonade. Ajouter les épices et le sel, puis l’œuf et la mélasse.
2. Ajouter les ingrédients secs. Incorporer doucement avec une spatule, puis le malaxeur. Garder la spatule pas loin, ça « jam ».
3. Séparer en deux, placer dans un ziploc ou un saran wrap et laisser au frigo pendant au moins 15 minutes (pour aider la manipulation lors de la découpe).
4. Préchauffer le four à 350.
5. Dégager le comptoir, y placer un peu de farine. Étendre la pâte avec un rouleau (fariné lui aussi), garder une épaisseur de 3 à 5 mm. Découper avec l’emporte-pièce de ti-bonhomme ou la variante de votre choix.
6. Cuire sur une plaque non graissée pendant 6 minutes (tendre et fondant – yummi!) à 8 minutes (plus sec et croquant). Laisser refroidir 20 minutes. Inspirer profondément pour profiter de tous les bienfaits de l’aromathérapie.
7. Glacer. D’habitude, je place le glaçage dans une petite assiette et ne fais que tremper la surface du biscuit. Vous pouvez aussi faire des dessins avec un tube à pâtisserie (garder le glaçage plus épais alors, moins d’eau.)
8. Miam. Répandez la joie!