L’art conceptuel prend les murs d’assaut pour dénoncer nos travers sociaux
Cynique, irrévérencieux, corrosif et, surtout, intelligent sont les adjectifs qui définissent probablement le mieux Banksy. Jusqu’à la semaine dernière, j’ignorais tout de cet artiste britannique (bien connu dans les milieux du Street Art) qui ne cesse d’innover et d’étonner depuis qu’il utilise le stencil comme principal technique. Je dois cette savoureuse découverte à mon voisin d’en haut, Philippe Roy, qui m’a fait voir son livre Wall and Piece édité à la fin de 2005.
L’humour déstabilisant et la réflexion sont omniprésents dans chacun des thèmes qu’il aborde : état policier, consommation, enfance, problèmes de société…
Aussi actif dans les galeries et dans l’art d’intervention, il a eu l’audace d’accrocher ses propres œuvres clandestinement dans plusieurs musées prestigieux. Parmi ceux-ci, le British Museum à Londres a décidé d’intégrer à sa collection permanente l’œuvre laissée par Banksy (Early Man Goes To Market) dans la galerie de l’art romain.
L’artiste renommé aurait réussi à conserver l’anonymat (se servant de son agent comme intermédiaire) jusqu’à il y a un mois lorsque le journal Mail on Sunday a dévoilé ce qui serait sa véritable identité.
Je vous laisse juger de l’intérêt du personnage grâce à deux citations. Celle qu’on trouve au dos de l’ouvrage cité plus haut : « There's no way you're going to get a quote from us to use on your book cover. » - Metropolitan Police Spokesperson
Et celle-ci, de lui-même, qui interpelle autant notre secteur d’activité que celui des arts visuels : « The thing I hate the most about advertising is that it attracts all the bright, creative and ambitious young people, leaving us mainly with the slow and self-obsessed to become our artists. Modern art is a disaster area. Never in the field of human history has so much been used by so many to say so little. »